Psychologue diplômé ou thérapeute-coach spécialisé en trauma : comment choisir ?
- sylvaingeyskens
- il y a 4 jours
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Dernière mise à jour : il y a 15 heures
Dans les groupes Facebook consacrés aux traumas, à la dépression ou aux survivants d'abus, une recommandation revient souvent : "Adressez-vous en priorité à un psychologue diplômé."
Ce conseil est bien intentionné. Et partiellement juste.
Mais pour les personnes qui ont déjà vu un ou plusieurs psychologues sans résultat suffisant sur leurs traumas, cette recommandation peut être décourageante — voire culpabilisante.
Comme si le problème venait d'elles, et non de l'adéquation entre leur situation et l'approche reçue.
Il mérite donc d'être nuancé.
Et voici ce que j'ai lu récemment dans un groupe dédié aux survivants de traumatismes. Une femme raconte l'histoire de sa mère : cinquante ans de dépression traitée uniquement par médicaments. Cinquante ans sans qu'aucun psychiatre ne lui ait proposé une psychothérapie, ni cherché à comprendre l'origine de sa souffrance. Des consultations de quinze minutes pour renouveler l'ordonnance. Un diagnostic de troubles bipolaires posé sans jamais avoir entendu son histoire — sans savoir qu'elle avait subi des maltraitances dans l'enfance, des violences conjugales pendant des années, un isolement total. C'est sa fille — pas les médecins — qui a compris que ce que sa mère vivait ressemblait bien plus à un trouble de stress post-traumatique complexe qu'à une bipolarité. Et c'est elle qui a découvert l'existence des Centres Régionaux du Psychotraumatisme — dont aucun des médecins rencontrés n'avait entendu parler.
Cette histoire n'est pas exceptionnelle. Elle est représentative de ce que vivent des milliers de personnes en France.
Ce n'est pas une question de mauvaise volonté des médecins. C'est une question de formation — et de ce que le diplôme de psychologue ou de psychiatre garantit, et ne garantit pas.
Ce que le diplôme de psychologue garantit
Le titre de psychologue est protégé par la loi du 25 juillet 1985. Pour l'obtenir, il faut une licence de psychologie, un master (bac +5), et un stage professionnel d'au minimum 500 heures. C'est une formation universitaire sérieuse, qui donne des compétences réelles en psychopathologie, en évaluation clinique, en écoute et en cadre déontologique.
Ce que le diplôme garantit : une formation théorique solide, une capacité à évaluer une situation clinique, un cadre éthique clair.
Ce que le diplôme ne garantit pas : une spécialisation dans les traumas complexes — ni une obligation de supervision continue après le diplôme, ni d'avoir suivi soi-même une thérapie personnelle. Ces exigences, qui semblent pourtant fondamentales pour travailler sur des traumas profonds, sont en réalité plus courantes dans certaines formations spécialisées privées que dans les cursus universitaires classiques.
Un autre point rarement dit : la formation universitaire de psychologie est essentiellement théorique. Les stages obligatoires (400h en M1, 500h en M2) sont principalement des stages d'observation en institution — hôpitaux, CMP, associations. L'étudiant conduit quelques entretiens supervisés, rédige des bilans psychologiques. Ce n'est pas une formation aux outils d'intervention clinique — c'est une initiation au terrain.
Les "outils" de psychothérapie — techniques concrètes d'intervention, protocoles structurés, méthodes comme l'EMDR, la thérapie sensorimotrice ou l'IFS — sont quasi absents des cursus initiaux, ou enseignés de façon purement théorique. C'est pourquoi beaucoup de psychologues suivent, à leurs frais et après leur diplôme, des formations privées pour acquérir ces outils. Ce que cela implique : un praticien spécialisé trauma sans titre de psychologue peut avoir cumulé davantage d'heures de formation pratique aux outils cliniques trauma-informés qu'un psychologue nouvellement diplômé qui n'a pas encore suivi ces formations complémentaires.
La spécialisation trauma demande un investissement personnel et professionnel important — c'est pourquoi tous les praticiens ne font pas ce chemin, même avec un bon diplôme de base.
Un contexte législatif qu’il faut comprendre
Le titre de psychologue est protégé par la loi depuis 1985. Celui de psychothérapeute l’est depuis 2010, après une réforme initiée en 2004 par l’« amendement Accoyer ». Avant cela, le titre n’était pas réglementé en France. (legifrance.gouv.fr)
Cette réforme est née dans un contexte réel de préoccupations autour des dérives sectaires et des pratiques abusives. Mais elle a aussi suscité d’importantes critiques dans le monde de la psychothérapie.
Des organisations comme la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse (FF2P) ou l’European Association for Psychotherapy (EAP), qui travaillaient déjà depuis des années à structurer la profession avec des critères de formation, de supervision et de thérapie personnelle, ont reproché à la loi de protéger avant tout des titres universitaires plutôt que des compétences cliniques spécialisées.
Le juriste et psychanalyste Jacques-Antoine Malarewicz écrivait ainsi dans une revue professionnelle que la réforme risquait de « frapper paradoxalement » des praticiens déjà formés et supervisés, sans empêcher pour autant les pratiques douteuses de continuer sous d’autres appellations.
Le point important à comprendre est le suivant : la loi encadre principalement l’usage du mot « psychothérapeute ». Elle ne garantit pas, à elle seule, une spécialisation dans les traumas complexes, les approches somatiques, la dissociation structurelle, l’EMDR, l’IFS, la thérapie sensorimotrice ou les approches trauma-informées modernes.
Autrement dit : un diplôme de psychologue garantit un cadre universitaire sérieux. Mais il ne permet pas de savoir automatiquement si la personne est réellement formée au traitement des traumas complexes.
Et inversement, certains praticiens non psychologues peuvent avoir suivi plusieurs centaines d’heures de formations spécialisées en psychotraumatologie, supervision clinique, régulation du système nerveux ou approches somatiques — parfois davantage qu’un psychologue généraliste n’ayant pas poursuivi de spécialisation post-universitaire.
D’ailleurs, beaucoup de psychologues eux-mêmes reconnaissent que le diplôme universitaire constitue surtout une base générale — et non une spécialisation opérationnelle dans la prise en charge des traumas complexes.
Dans les faits, de nombreux psychologues poursuivent après leur master des formations privées complémentaires en EMDR, IFS, thérapie sensorimotrice, hypnose, TCC trauma-focalisée, somatic experiencing ou approches dissociatives. Ce n’est pas marginal : c’est devenu presque la norme chez les praticiens qui souhaitent travailler en profondeur avec le psychotraumatisme.
Beaucoup de psychologues sérieux considèrent eux-mêmes que leur véritable formation clinique commence après le diplôme, à travers la supervision, la pratique, le travail personnel et les spécialisations post-universitaires.
La vraie question n’est donc pas seulement :« cette personne est-elle psychologue ? »
Mais aussi :« est-elle spécifiquement formée au type de souffrance que je traverse ? »
La réalité des formations universitaires
Les cursus de psychologie varient significativement d'une université à l'autre — dans leur contenu, leurs références théoriques, et leur place accordée aux traumas.
Beaucoup de masters de psychologie clinique sont historiquement ancrés dans les approches psychanalytiques ou psychodynamiques — approches qui ont leur valeur pour certaines problématiques, mais qui ne constituent pas une spécialisation trauma au sens où on l'entend aujourd'hui.
Quelques exemples concrets :
Le master de psychologie clinique de l'Université de Tours intègre les TCC comme principale référence pour les états de stress post-traumatique — sans mention des approches corpo-sensorielles ou des modèles anglosaxons récents.
L'Université d'Angers propose un parcours psychologie du traumatisme, ancré dans une perspective psychodynamique et psychanalytique — pertinent, mais différent des approches comme l'EMDR, la thérapie sensorimotrice ou la PTR.
Il existe des masters vraiment spécialisés en psychotraumatologie — comme à l'Université Côte d'Azur, avec 17 places par promotion — et des DU complémentaires à Toulouse, Paris Cité, Lorraine, Aix-Marseille. Mais ces formations restent minoritaires. La grande majorité des psychologues diplômés n'ont pas suivi ce type de spécialisation.
La conséquence pratique : un psychologue fraîchement diplômé peut n'avoir reçu que quelques heures de formation sur le trauma complexe — voire aucune sur les approches comme l'EMDR, la thérapie sensorimotrice, l'IFS ou la PTR, qui sont des standards internationaux dans ce domaine.
Les limites des thérapies les plus reconnues scientifiquement
Il existe en psychothérapie une distinction importante entre les approches "evidence-based" — c'est-à-dire validées par des essais cliniques randomisés, comme les TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales) et leurs dérivés comme la TCD (Thérapie Comportementale Dialectique) — et les autres approches qui s'appuient sur une tradition clinique sans chercher cette validation au même sens (comme la psychanalyse, qui relève d'une logique différente).
Les approches "evidence-based" sont souvent présentées comme la référence en matière de traitement psychologique. C'est une position légitime — ces thérapies ont fait leurs preuves sur de nombreux profils.
Mais Janina Fisher, psychologue clinicienne américaine et experte mondiale des traumas complexes, relate une découverte troublante en examinant ces études : la plupart des recherches validant les TCC et thérapies apparentées ont été menées en excluant délibérément les patients les plus complexes des groupes de recherche.
Ce constat rejoint celui de plusieurs cliniciens de référence qui ont tous, à leur façon, dû remettre en question leur formation initiale face aux traumas complexes.
Bessel van der Kolk, psychiatre et chercheur américain dont les travaux font aujourd'hui référence mondiale, témoigne avoir dû abandonner une large part de sa formation en psychiatrie classique et en psychanalyse pour devenir efficace avec les patients traumatisés — et avoir découvert que le corps était au cœur de la guérison, là où sa formation ne l'avait pas préparé à aller.
Peter Levine, docteur en psychologie et en biophysique, fondateur du Somatic Experiencing, décrit de même avoir trouvé sa formation académique sur le trauma incomplète, voire contre-productive sur certains profils — c'est en observant les réponses physiologiques du système nerveux, pas les théories psychologiques, qu'il a développé son approche.
Janina Fisher, psychologue clinicienne et experte des traumas complexes résistants, a découvert en examinant les études validant les thérapies reconnues scientifiquement que la plupart avaient été menées en excluant délibérément les patients les plus complexes. Les preuves d'efficacité ont donc été construites sur les profils les plus accessibles — pas sur ceux qui souffrent le plus et qui en auraient le plus besoin.
Cette exclusion ne reste pas théorique. Dans un groupe Facebook consacré aux traumas complexes, une personne témoigne récemment avoir été refusée dans un centre spécialisé — le centre Phénix à Paris — précisément parce qu'elle avait plusieurs traumatismes. Elle avait pourtant déjà consulté au Centre Régional du Psychotraumatisme d'Île-de-France, où on ne lui proposait qu'un suivi analytique mensuel avec une psychologue non familière du trauma complexe interpersonnel. Cette personne — lucide, précise dans son auto-diagnostic, capable de citer Muriel Salmona et Marie-France Hirigoyen — s'est retrouvée sans prise en charge adaptée, malgré tous ses efforts.
C'est le paradoxe évoqué par Janina Fisher incarné dans une situation réelle : les personnes qui ont le plus besoin d'aide sont précisément celles que le système est le moins équipé pour recevoir.
C'est de ces remises en question convergentes, portées par des cliniciens de formations très différentes, que sont nées les approches trauma-informées modernes.
Quatre différences de posture qui changent tout
Au-delà du diplôme, ce qui fait la différence dans l'accompagnement des traumas complexes, c'est souvent la posture du thérapeute — indépendamment de son titre.
1. Explorer ou transformer
La thérapie classique — psychanalytique ou psychodynamique — cherche à comprendre, à mettre des mots, à élaborer. C'est précieux pour certaines personnes. Mais les mémoires traumatiques ne sont pas stockées dans les pensées conscientes. Elles vivent dans le corps, dans les réflexes automatiques, dans des couches que la parole seule n'atteint pas directement. Comprendre d'où vient sa souffrance ne suffit pas toujours à la transformer.
Séverine Guillin, formatrice PTR et spécialiste de l'estime de soi à l'IMHEB (Institut Milton H. Erickson de Belgique, fondé par Gérald Brassine), l'observe même sur un sujet qui semble purement "psychologique" : il n'est pas possible d'aller en profondeur sur la rémission de l'estime de soi sans passer par l'hypnose — c'est-à-dire sans accéder à des couches plus profondes que la seule parole consciente.
Les approches trauma-informées — EMDR, PTR, thérapie sensorimotrice, IFS, TIST — cherchent à transformer l'enregistrement lui-même, là où il est stocké. C'est une logique différente, pas supérieure — simplement adaptée à un autre niveau du problème.
2. Durée ouverte ou objectifs définis
Dans une thérapie classique, la durée est souvent ouverte et non définie. Cela peut être une force — l'espace existe pour ce qui émerge. Mais sans repères, certaines personnes s'enlisent pendant des années sans savoir si quelque chose avance.
Les approches brèves trauma-informées définissent des objectifs ensemble dès les premières séances — pas pour mettre la pression, mais pour que la personne puisse observer que quelque chose bouge. Ce n'est pas une injonction de performance. C'est une boussole.
3. La parole seule ou le corps inclus
La grande majorité des formations universitaires de psychologie en France préparent à un travail par la parole — l'entretien, l'écoute, l'interprétation. Le corps est peu ou pas intégré dans ces formations initiales.
Or les traumas complexes — en particulier les traumas précoces, les abus, les traumas relationnels répétés — s'impriment dans le corps autant que dans la psyché. Une approche qui ne travaille qu'avec les mots traite l'étage du dessus, pas les fondations.
Gérald Brassine, psychothérapeute belge depuis 1975, de formation psychanalytique avant de se former aux thérapies brèves aux États-Unis, le formule sans détour : "Ce n'est pas qu'en parler ne sert à rien : cela a plutôt tendance à augmenter la souffrance. Raconter, se remémorer, remet une fois de plus en état de choc, fait revivre l'horreur ou l'impuissance… On pousse là où ça fait mal. On appelle cela la victimisation secondaire !"
Ce constat — venant d'un praticien formé à la psychanalyse lui-même — dit quelque chose d'important : le problème n'est pas la parole en soi, mais la façon dont on l'utilise. Raconter sans transformer l'enregistrement traumatique peut aggraver plutôt qu'alléger.
4. L'expert qui sait ou le thérapeute stratégique
La posture classique positionne le thérapeute comme un observateur neutre et expert de la psyché, qui interprète. La posture des thérapies brèves est plus active — le thérapeute cherche en collaboration avec son client, ajuste sa démarche, propose différents outils et expériences, mesure les effets. Il ne "sait pas mieux" que le client ce qu'il vit, mais il a des outils pour aller chercher ce que le client n'arrive pas à atteindre seul. Le praticien en thérapie brève œuvre avec son client à permettre un accompagnement vraiment transformateur de la souffrance et des nœuds dans sa vie.
5. La transformation intérieure ou l'ancrage dans la vie concrète
Un écueil fréquent dans les thérapies, y compris trauma-informées : le travail reste dans la salle de consultation. La personne se sent mieux en séance, quelque chose a bougé — mais le transfert dans la vie quotidienne est lent, partiel, ou nécessite un accompagnement supplémentaire que le thérapeute ne propose pas.
C'est là qu'intervient la dimension coaching — et notamment le coaching somatique et la PNL dans ses évolutions récentes. La PNL, développée par Richard Bandler et John Grinder puis enrichie par Robert Dilts, est aujourd'hui le socle de la majorité des approches de coaching de vie et a directement inspiré de nombreuses thérapies brèves. Elle fournit des outils concrets pour ancrer les changements intérieurs dans des comportements, des décisions et des situations de vie réels.
Dans sa modalité somatique, ce travail se fait souvent debout, en mouvement — marcher sur sa ligne du temps, changer de position dans l'espace pour changer de perspective, incarner physiquement une ressource plutôt que de simplement y penser. Ce n'est pas anecdotique : mettre du mouvement dans le corps aide à remettre du mouvement dans la vie. Le changement devient littéralement corporel avant d'être cognitif.
La thérapie narrative complète ce travail sur un autre axe : celui de l'identité. Après avoir désensibilisé ce qui faisait mal, après avoir ancré de nouveaux comportements, il reste souvent à reconstruire une histoire de soi cohérente — une façon de se raconter qui intègre ce qu'on a traversé sans en être défini. La thérapie narrative aide à passer de "je suis quelqu'un d'abîmé" à "j'ai traversé quelque chose de difficile, et voilà qui je suis au-delà de ça." C'est la dimension reconstruction identitaire et estime de soi — souvent la dernière phase, et souvent la plus libératrice.
Ce que ça change concrètement : après avoir travaillé sur la blessure sous-jacente, on peut travailler ensemble sur comment vous affirmez vos limites dans votre famille, comment vous prenez une décision professionnelle qui vous attendait depuis longtemps, comment vous gérez une confrontation difficile sans vous effondrer ou exploser — et comment vous vous racontez à vous-même et aux autres qui vous êtes vraiment.
On ne s'arrête pas à "ça va mieux" — on accompagne "qu'est-ce que ça change dans ma vie, maintenant ?"
Mon parcours de formation — à titre de comparaison
À titre de comparaison : mon parcours cumule près de 800 heures de formation dans les approches trauma-informées, thérapies brèves et coaching — PTR, PNL (certifié Bandler Society et fédération NLPNL), constellations familiales, thérapie narrative, coaching somatique (Judith Delozier), formation au traitement du harcèlement avec le Dr Philippe Aïm (psychiatre et spécialiste des thérapies brèves), TIST (Janina Fisher), régulation du système nerveux (Linda Thai). S'y ajoutent 1000 heures de pratiques corporelles complémentaires pouvant, en option, participer à se réassocier à son corps, s'y sentir bien, se recentrer, apaiser le système nerveux et relancer la vitalité.
Ces formations ont toutes été suivies avec supervision et pratique clinique intégrée.
Tout cela ne signifie pas que les psychologues sont moins bons que les thérapeutes spécialisés trauma. Beaucoup de psychologues se forment eux-mêmes en continu aux approches trauma-informées — en EMDR, en TCC trauma-focalisée, en thérapie sensorimotrice. Les lignes bougent, en France aussi.
Et la thérapie classique a sa valeur propre — pour des personnes qui cherchent un espace de parole régulier pour réfléchir à leur vie, traverser une période difficile, élaborer une décision importante. Ce n'est pas la même chose qu'un travail de désensibilisation des enregistrements traumatiques. Les deux répondent à des besoins différents.
La vraie question n'est donc pas "psychologue ou pas" — c'est : est-ce que ce thérapeute est spécifiquement formé aux traumas complexes, est-ce que son approche travaille au niveau où mon problème s'est constitué, et va-t-il m'aider à améliorer ma vie concrètement ?
Ce que disent ceux qui ont cherché longtemps
"Il faut vraiment que les praticiens rencontrés soient formés aux psycho traumas, autrement on perd son temps et son argent." — une survivante de traumatismes complexes, groupe Facebook
Cette phrase dit quelque chose d'important : la souffrance des personnes avec des traumas complexes mérite un accompagnement à la hauteur de leur complexité. Pas un accompagnement généraliste appliqué à une situation qui demande une expertise spécifique.
Une autre personne, dans le même groupe, témoigne avoir trouvé un service spécialisé en trauma complexe — et décrit pourtant un parcours "long et douloureux, très douloureux." Elle ajoute qu'il faut être prêt à parler de son passé, que c'est la seule façon d'aller mieux.
Ce témoignage dit deux choses importantes à la fois : oui, la spécialisation trauma est indispensable. Mais la spécialisation seule ne suffit pas — l'approche utilisée compte autant que le cadre. Travailler sur des traumas complexes n'est pas nécessairement long et douloureux. C'est souvent ce qu'on observe quand l'approche utilisée demande de revivre ou de raconter en détail. Les approches trauma-informées modernes — comme la PTR — sont précisément conçues pour transformer sans retraumatiser, et souvent en bien moins de séances qu'une thérapie classique.
Ce que j'observe dans ma pratique
Lise était terrorisée par les hommes suite à des maltraitances dans son adolescence. Elle avait essayé plusieurs approches sans résultat suffisant sur cette dimension-là. En deux séances combinant PNL et approche corporelle, elle a décrit une impression de "passer au cap supérieur en termes de maturité émotionnelle."
Linda, neuro-atypique et hypersensible, se sentait déprimée et facilement submergée par certains de ses proches. Sa psychothérapie ne suffisait pas. Dès les deux premières séances, elle ne se sentait plus impactée par les mots de certaines personnes de son entourage, se sentait plus combative et de meilleure humeur.
Ce ne sont pas des miracles. Ce sont des situations où l'approche utilisée correspondait enfin au niveau où le problème s'était constitué.
Gérald Brassine, fondateur de la PTR et psychothérapeute depuis 1975, résume bien l'essentiel : "Consultez quelqu'un de compétent avec une approche connue pour sa douceur et donc sa rapidité et efficacité. La PTR est un bon exemple mais il y en a d'autres." Ce qui compte, c'est la compétence et l'adéquation de l'approche — pas le titre.
Le coût réel d'une errance thérapeutique
Il y a une dimension rarement nommée dans ces discussions : le coût humain et financier d'un parcours thérapeutique long sur des traumas complexes non reconnus.
Dans un groupe Facebook consacré aux traumas, une personne témoigne récemment : "J'en suis à environ 80 000 euros depuis 25 ans que je fais des thérapies pour aller mieux. J'ai eu de la chance d'avoir pu continuer grâce à mes salaires — mais en arrêt depuis 11 ans, je n'ai plus d'épargne. Et tout cet argent que j'aurais pu mettre dans des projets personnels..."
La suite de son témoignage est importante : elle précise avoir "totalement changé" — mais n'être sortie d'amnésie traumatique que 8 ans avant d'écrire ce message. Sa situation était extrêmement complexe — plusieurs agresseurs, des traumas parmi les plus graves qui soient. Elle ajoute : "Les psys ne sont pas formés au psychotraumatisme. C'est ce que j'essaie de faire bouger dans ma ville... mais ça ne les intéresse pas de se former."
Ce témoignage ne dit pas que la thérapie ne sert à rien. Il dit quelque chose de plus précis : quand les traumas complexes ne sont pas reconnus comme tels dès le départ, le parcours est inutilement long, inutilement coûteux — même pour quelqu'un qui finit par s'en sortir.
La bonne approche, plus tôt, aurait pu changer l'échelle du parcours.
C'est précisément ce que les approches trauma-informées cherchent à éviter.
Comment choisir concrètement
Quelques questions utiles à poser à un thérapeute avant de commencer :
Est-ce que vous travaillez spécifiquement avec les traumas complexes et les traumas relationnels précoces ?
Quelles approches utilisez-vous pour les traumas — et intègrent-elles le corps ?
Comment définissons-nous ensemble des objectifs, et comment saurons-nous que quelque chose avance ?
Est-ce que vous m'imposerez de revivre ou de raconter des événements douloureux en détail ?
Les réponses à ces questions vous diront plus sur l'adéquation de l'accompagnement que le titre affiché.
Ce que ça donne concrètement dans ma pratique
Mon accompagnement s'articule en trois axes — non pas séquentiels mais complémentaires, le rythme s'adaptant à chaque personne :
Stabiliser — retrouver un sol intérieur, réguler le système nerveux avant tout autre travail. Sans sécurité de base, rien d'autre n'est possible. Outils : travail somatique, théorie polyvagale (Linda Thai), ancrage, ressources internes
Libérer — désensibiliser les charges traumatiques là où elles sont stockées, sans reviviscence, sans devoir tout raconter. Outils : PTR (Gérald Brassine / IMHEB), hypnose conversationnelle stratégique, IFS (Frank Anderson)
Reconstruire — retrouver une identité stable, une image de soi cohérente, une confiance dans le lien — et ancrer les changements dans la vie concrète. Outils : thérapie narrative, PNL, constellations familiales, coaching somatique
Ce qui guide tout ce travail : ne jamais aller plus vite que la personne. La sécurité avant la technique. Le rythme de chacun avant l'efficacité supposée.
Si vous souhaitez explorer si mon approche peut vous correspondre, je propose un premier échange téléphonique de 20 minutes, gratuit et sans engagement.
Sylvain Geyskens - Qualité d'Être Hypnose, Coaching & Thérapie du lien - Bures-sur-Yvette & Paris 9e
À noter
Cet article ne remet pas en question la nécessité d'un suivi médical et psychiatrique pour les personnes qui en ont besoin — notamment pour la gestion des traitements médicamenteux, le diagnostic, ou les situations de crise. Je ne suis pas médecin et ne me substitue en aucun cas à un professionnel de santé.
Ce que je propose s'inscrit en complément d'un suivi médical existant, ou pour des personnes qui cherchent un accompagnement thérapeutique et de coaching spécialisé dans les traumas complexes — sans situation de crise aiguë nécessitant une prise en charge médicale immédiate.
Si vous êtes sous traitement psychiatrique, tout changement de traitement doit être discuté avec votre médecin.
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