PTR — Psychothérapie du Trauma Réassociative : soigner les traumas en profondeur, en sécurité
- sylvaingeyskens
- 1 mars
- 22 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Ce que vous vivez peut avoir une origine que vous ne soupçonnez pas
Vous souffrez d'anxiété chronique, de crises d'angoisse inexpliquées, de douleurs physiques sans cause identifiée, de blocages dans votre vie amoureuse ou sexuelle, d'addictions difficiles à décrocher — ou vous avez simplement le sentiment d'être « à côté de vous-même » depuis longtemps ?
Il arrive que ces souffrances trouvent leur racine dans des événements douloureux du passé — parfois connus de vous, parfois enfouis dans votre inconscient, parfois oubliés parce que trop intenses pour être supportés consciemment.
La Psychothérapie du Trauma Réassociative (PTR) a précisément été conçue pour aller travailler à cette profondeur-là — en sécurité, et à votre rythme.
Qu'est-ce que la PTR ?
La PTR est une méthode d'hypnose conversationnelle stratégique développée par Gérald Brassine, thérapeute et formateur, et son équipe au sein de l'Institut Milton H. Erickson de Belgique (IMHEB). Elle s'appuie sur plusieurs décennies de pratique clinique, notamment auprès de personnes survivantes de traumas extrêmes.
Elle tire son nom de son objectif central : réassocier ce que le trauma a dissocié. Car lorsque nous vivons un choc traumatique, notre psyché et notre corps se protègent en « mettant de côté » ce qui est insupportable — c'est ce que l'on appelle la dissociation. Ce mécanisme, d'abord salvateur, peut devenir une source de souffrance chronique quand il persiste après l'événement.
La PTR accompagne la personne à défaire progressivement ces dissociations, en transformant les mémoires traumatiques enkystées, pour retrouver un équilibre intérieur durable.
Une hypnose qui n'a rien à voir avec ce que vous imaginez
L'hypnose évoque souvent des images de spectacle ou de perte de contrôle. La réalité est bien différente.
L'hypnose conversationnelle stratégique, c'est avant tout une conversation. Une conversation dans laquelle vous restez pleinement conscient, actif, et libre à tout moment. Il n'y a pas d'autorité du thérapeute sur vous. Pas d'injonctions, pas de suggestions imposées.
Le mot stratégique mérite une explication. Comme le décrit Jay Haley dans son analyse de l'œuvre de Milton Erickson, le thérapeute stratégique réfléchit à ce qu'il va faire en séance, se concentre sur le problème et les objectifs, et évalue les résultats — à l'opposé des approches dites "passives", héritées de la psychanalyse ou de la thérapie rogérienne, où c'est la personne en difficulté qui détermine ce qui se passe en séance tandis que le praticien se contente d'interpréter ou de refléter. En PTR, le thérapeute est un allié actif — pas un miroir.
Le chercheur et psychiatre américain Bessel van der Kolk, auteur de référence mondiale sur le trauma (Le corps n'oublie rien), a récemment souligné dans un entretien avec Patrice Vidal que l'hypnose est une approche particulièrement intéressante et efficace pour le traitement des traumas — précisément parce qu'elle permet d'accéder aux mémoires corporelles et inconscientes que la parole seule n'atteint pas.
Ce que les praticiens observent régulièrement confirme cette particularité : l'hypnose conversationnelle travaille avec l'inconscient — cette bibliothèque intérieure qui contient l'ensemble de nos expériences et de nos ressources accumulées tout au long de la vie. Travailler uniquement avec la conscience ne suffit pas à atteindre ce niveau. C'est pourquoi les personnes qui ont suivi un travail en hypnose conversationnelle rapportent souvent quelque chose d'inattendu : "ça va mieux, sans trop savoir pourquoi". Le changement s'est opéré si naturellement qu'il est parfois invisible — jusqu'à ce qu'on liste les symptômes du départ et qu'on réalise qu'ils ne sont plus là.
En PTR, thérapeute et client sont sur un pied d'égalité. Vous guidez votre propre processus. Le thérapeute vous accompagne, vous explique ce qui se passe, répond à vos questions. Cette dimension pédagogique est centrale : comprendre ce qui se passe en soi, c'est déjà reprendre du pouvoir sur soi.
En fait, vous êtes déjà en hypnose quand vous consultez pour un trauma — car les traumatisés sont dissociés. Le travail thérapeutique consiste précisément à vous en sortir. — Gérald Brassine
Les PAAT : vos ressources thérapeutiques intérieures
Un des fondements de la PTR est la conviction que chaque personne porte en elle des capacités naturelles de guérison. En PTR, on les appelle les Processus Autonomes Auto Thérapeutiques (PAAT).
Concrètement, lorsque vous êtes invité à vous remémorer certains éléments du passé — ou à les imaginer — votre inconscient peut enclencher lui-même un processus de transformation des mémoires douloureuses. Ce travail se fait sans reviviscence brutale, sans avoir besoin de tout raconter en détail, sans violence.
Le thérapeute ne « fait » rien à votre place. Il crée les conditions pour que votre propre psyché fasse le travail — à la profondeur et au rythme qui vous conviennent.
Les protections dissociatives : travailler avec votre inconscient, pas contre lui
Contrairement à certaines approches qui cherchent à « forcer » l'accès aux souvenirs traumatiques, la PTR respecte et utilise les mécanismes de protection naturels de l'inconscient.
Ces protections dissociatives ne sont pas des obstacles à la guérison. Ce sont des signaux que votre système nerveux envoie pour dire : pas encore, pas trop vite. La PTR les écoute, les utilise comme guides, et avance à un rythme qui préserve votre intégrité psychique.
Concrètement, ces protections peuvent prendre des formes très variées : une sensation de brume ou d'hébétude, l'impression de ne pas vraiment voir ou de ne pas vraiment être là, le sentiment d'« inventer » ce qui remonte, une anesthésie émotionnelle, ou encore des douleurs physiques qui surgissent au moment où un souvenir approche. En PTR, chacun de ces signaux est accueilli et amplifié — paradoxalement, c'est précisément ce « pouvoir anesthésiant » des protections qui permet d'avancer au cœur du trauma avec toute la douceur nécessaire, sans jamais être submergé.
Ainsi, si vous avez l'impression d'inventer ce qui remonte, le thérapeute ne cherchera pas à vous en convaincre autrement — il vous demandera au contraire d'augmenter encore cette impression d'inventer. Et c'est souvent là que quelque chose se libère. Cette logique peut sembler contre-intuitive : elle est pourtant au cœur de l'efficacité de la méthode.
C'est précisément ce qui rend cette approche particulièrement adaptée aux traumas complexes et aux traumas avec amnésie.
Ce que vivent les patients : une trajectoire concrète
Pour illustrer ce que la PTR permet concrètement, voici la trajectoire d'une personne — philosophe et elle-même formée à l'hypnose — qui a consulté Gérald Brassine après des années de mal-être dont elle ne comprenait pas l'origine. Son témoignage a été publié dans la revue professionnelle Hypnose & Thérapies Brèves (n°77, 2025).
Avant de venir en PTR, cette personne avait suivi quatre ans de thérapie par la parole avec une psychologue. Des bribes de souvenirs d'abus sexuels dans l'enfance avaient émergé, mais sans résolution. Elle décrit elle-même qu'elle n'avait pu « rester qu'au bord du trauma » — les éléments remontaient de façon parcellaire, sans que la charge émotionnelle puisse réellement se libérer.
En PTR, le travail s'est fait en quatre séances. Dès la première, elle a expérimenté quelque chose d'inhabituel : le thérapeute l'a invitée à l'envoyer au diable si quoi que ce soit ne lui convenait pas — et l'en a remerciée chaque fois qu'elle le faisait. Cette posture, loin d'être anecdotique, est fondamentale : pour une personne dont le trauma est lié à une situation d'emprise et d'impuissance, expérimenter concrètement que l'on peut dire non au thérapeute est déjà en soi une étape thérapeutique.
Le travail a procédé par le corps — des sensations physiques amplifiées, des images qui surgissaient, que la patiente était libre de transformer comme elle le souhaitait : fuir, riposter, reconstruire la scène autrement. Ces re-scénarisations par l'imaginaire ne sont pas de la « pensée magique » : elles permettent à l'inconscient de réenregistrer le souvenir traumatique différemment, de le rendre inoffensif sans l'effacer.
À l'issue de ces quatre séances, l'amnésie sur l'identité de l'auteur des abus s'était levée. La charge émotionnelle associée s'était dissipée. Et quelque chose de plus subtil, mais peut-être plus parlant encore : elle décrit avoir réalisé qu'elle vivait depuis plus de quarante ans avec ce qu'elle appelle « un caillou dans la chaussure » — si habituel qu'elle avait fini par oublier qu'il était là. Une fois retiré, elle ne marchait plus de la même façon.
Ce témoignage illustre deux points essentiels : d'abord, que la PTR peut aboutir là où des années de thérapie verbale n'ont pas suffi — non par manque de qualité de ces thérapies, mais parce que certains traumas ne sont pas accessibles par la seule parole. Ensuite, que la brièveté de la méthode (ici, quatre séances) n'est pas synonyme de travail superficiel : elle reflète l'efficacité d'une approche qui va directement à la source, sans détour.
Pour qui, et pour quelles situations ?
La PTR peut accompagner des personnes traversant des difficultés très diverses :
Conséquences de traumas et chocs émotionnels :
Stress post-traumatique (SSPT), phobies, crises d'angoisse, anxiété chronique, cauchemars récurrents, hypervigilance, états dissociatifs (difficultés à sentir son corps, ses émotions, voire impression d'être déconnecté hors du réel).
Traumas complexes et/ou amnésiés :
La PTR est l'une des rares approches capables de travailler sur des traumatismes dont la personne n'a pas (ou plus) de souvenir conscient : violences sexuelles dans l'enfance, inceste refoulé, viol sous l'emprise de stupéfiants (GHB, kétamine...), abus survenant avant la constitution de la mémoire explicite. Dans ces situations, le corps « sait » ce qu'il a vécu, même si le conscient ne s'en souvient pas. La symptomatologie (automutilations, blocages sexuels, comportements répétitifs incompréhensibles, addictions impulsives, sentiment de « folie »...) peut trouver son sens — et se résorber — dès lors que les mémoires inconscientes sont travaillées.
Symptômes psychosomatiques :
Douleurs chroniques inexpliquées, troubles digestifs fonctionnels, maladies auto-immunes, fibromyalgie, migraines, troubles du sommeil... Ces symptômes physiques peuvent refléter des souffrances émotionnelles enkystées que le corps « porte » à la place du conscient. Le lien entre trauma et symptômes somatiques est aujourd'hui bien documenté par la recherche.
C'est sur ce terrain que la PTR a développé, dès 2002, une conceptualisation spécifique : la maladie psychosomatique y est envisagée comme un phénomène hypnotique protecteur — une réponse de l'inconscient qui transforme une douleur émotionnelle insupportable en souffrance physique (Gérald Brassine / IMHEB).
Fibromyalgie : L'INSERM reconnaît que les études menées auprès de patients fibromyalgiques décrivent des antécédents fréquents de traumatismes psychologiques ou physiques. La corrélation entre traumas d'enfance et syndrome fibromyalgique est confirmée par plusieurs études indépendantes, notamment Cohen et al. (2002, Seminars in Arthritis and Rheumatism) et une synthèse publiée dans La Revue du Praticien (2026). Le trauma peut déclencher ou aggraver les altérations du système de régulation de la douleur — sans que cela signifie que la douleur est « dans la tête » : elle est bien réelle, mais son origine peut être neurobiologique et traumatique.
Crises non épileptiques psychogènes (CNEP) : Les CNEP sont des crises ressemblant à des crises d'épilepsie, mais sans anomalie électrique cérébrale. Elles sont encore trop souvent diagnostiquées à tort comme épilepsie pendant des années. Des travaux récents les reconnaissent comme des manifestations dissociatives d'un traumatisme psychique. Selon le CHU de Strasbourg, 1 patient sur 5 adressé à un neurologue spécialiste de l'épilepsie se révèle en réalité atteint de CNEP — et le PTSD est associé dans près de 70 % des cas (La Réponse du Psy). Le traitement recommandé lorsqu'un vécu traumatique est identifié est une psychothérapie centrée sur le trauma — ce que la PTR permet précisément.
Apnée du sommeil : Si ses causes sont souvent anatomiques ou métaboliques, l'apnée du sommeil entretient un lien documenté avec les vécus traumatiques. Des méta-analyses indiquent des taux d'apnée obstructive allant de 43 % à 75 % chez les personnes présentant un PTSD, contre 5 à 15 % dans la population générale (Mysliwiec et al., 2022, Frontiers in Psychiatry ; Colvonen et al., 2015, Journal of Clinical Sleep Medicine). La relation est bidirectionnelle : l'hypervigilance nocturne liée au trauma fragmente le sommeil et fragilise la régulation des voies aériennes — tandis que la mauvaise qualité du sommeil aggrave les symptômes traumatiques. Certaines personnes souffrant d'apnée constatent, au fil d'un travail thérapeutique sur leur histoire, une amélioration de leur qualité de sommeil sans que ce soit l'objectif direct du travail.
Polyarthrite rhumatoïde : La polyarthrite rhumatoïde est décrite dans la littérature médicale comme un modèle classique de maladie dont la survenue peut être influencée par des facteurs psychologiques et des événements de vie. Une étude cas-témoins de l'Université de Bordeaux a montré que le niveau de stress cumulé était deux fois plus élevé chez les patients atteints de PR que chez les témoins, et que 54,8 % d'entre eux attribuaient le début de leurs symptômes à un choc psychologique — le plus souvent un deuil. Des travaux de recherche suggèrent qu'un stress majeur — deuil, séparation, traumatisme — serait plus volontiers déclencheur de PR.
Le médecin et chercheur canadien Gabor Maté, auteur de Quand le corps dit non (bestseller international, traduit en quinze langues), consacre une part importante de son œuvre à ce lien. S'appuyant sur deux décennies de pratique clinique, il observe que les personnes atteintes de PR présentent de façon constante un profil d'inhibition émotionnelle marqué : difficulté à ressentir et exprimer la colère, perfectionnisme, hyper-indépendance compensatoire, et sentiment d'inadéquation profond. Il rappelle également que dès 1892, William Osler — l'un des plus grands médecins de l'histoire — suspectait déjà la polyarthrite rhumatoïde d'être un trouble lié au stress, une intuition que la recherche contemporaine en psycho-neuro-immuno-endocrinologie vient aujourd'hui confirmer. Gérald Brassine, de son côté, décrit certaines polyarthrites évolutives comme une "prise de terre" — une métaphore électrique parlante : le trop-plein d'émotions non déchargées se transforme en douleur corporelle, comme une surcharge qui cherche un point d'évacuation (IMHEB).
La maladie reste d'origine multifactorielle — génétique, environnementale, hormonale — et le trauma ne suffit pas à lui seul à l'expliquer. Mais il peut constituer un facteur déclenchant significatif sur un terrain prédisposé, et la dimension émotionnelle mérite d'être prise en compte dans toute approche thérapeutique globale.
Ce que cela change dans l'approche thérapeutique :
Dans tous ces cas, Gérald Brassine, fondateur de la PTR, part d'un constat clinique central : retrouver la cause d'un symptôme ne suffit pas à le résoudre. Il faut transformer l'enregistrement du souvenir traumatique — désactiver la charge émotionnelle enkystée, pas seulement l'identifier. Ce que confirme la recherche contemporaine sur la reconsolidation mémorielle : un souvenir traumatique peut être réenregistré différemment par le système nerveux, ce qui modifie durablement la réponse somatique associée (Ecker, Ticic & Hulley, Unlocking the Emotional Brain, 2012).
Un exemple documenté illustre concrètement cette approche : lors d'une formation de l'IMHEB, Gérald Brassine a travaillé avec une stagiaire souffrant d'un érythème noueux depuis 20 ans, résistant à tous les traitements médicaux. En une seule séance — dont un enregistrement de 15 minutes est accessible en ligne — le travail a porté sur la transformation de l'enregistrement somatique associé au trauma sous-jacent. Six mois plus tard, la stagiaire a témoigné que l'érythème n'était pas réapparu, y compris dans des conditions habituellement déclencheuses : un épisode de COVID sollicitant le système immunitaire, et le retour de la saison chaude — période à laquelle la maladie revenait chaque année depuis deux décennies. Voir la démonstration
Addictions :
Tabac, alcool, substances, comportements compulsifs — souvent des stratégies d'évitement d'une souffrance sous-jacente.
Blocages dans la vie intime et sexuelle :
Notamment les paralysies, douleurs ou absences lors des rapports sexuels, qui trouvent fréquemment leur origine dans des traumas non traités.
En quoi la PTR se distingue-t-elle d'autres approches ?
La PTR s'inscrit dans la tradition des thérapies brèves, dont Milton H. Erickson est considéré comme le père fondateur. Ces approches partagent une conviction commune : le changement thérapeutique opère sur deux niveaux simultanément — le niveau intrapsychique, en travaillant avec l'inconscient comme une force vitale positive, dépositaire des ressources et des expériences accumulées tout au long de la vie ; et le niveau comportemental et relationnel, en tenant compte de l'insertion de la personne dans son environnement familial et social. C'est de ce va-et-vient entre ces deux niveaux que naît le changement durable — une conviction que Gérald Brassine, formé à la thérapie systémique brève de l'école de Palo Alto et à l'hypnose ericksonienne aux États-Unis, a prolongée et approfondie pour le champ spécifique des traumas.
Un article dédié aux thérapies brèves et à leur philosophie est en préparation.
PTR et EMDR
L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une méthode reconnue pour le traitement du trauma, validée par l'OMS et la HAS. Il faut lui rendre justice : lorsqu'elle est apparue, la capacité à faire diminuer significativement des symptômes de stress post-traumatique représentait une avancée considérable par rapport aux thérapies verbales classiques — et beaucoup de personnes en ont tiré un bénéfice réel et durable, notamment sur des traumas simples et délimités survenus à l'âge adulte. Gérald Brassine a lui-même été l'un de ses premiers enseignants en Belgique — ce qui rend son évolution clinique d'autant plus significative.
Confronté dans sa pratique à des limites sérieuses sur des traumas lourds, complexes ou amnésiés, ou survenus dans la petite enfance, il a progressivement développé une approche distincte. Ces limites prennent deux formes qu'il a observées cliniquement. La première est la dissociation défensive pendant la séance : le système nerveux, débordé par l'activation traumatique, se referme brutalement — la personne cesse de ressentir quoi que ce soit, le travail semble terminé alors qu'il ne s'est rien transformé. La seconde est le glissement somatique dans les heures ou jours qui suivent : le matériel traumatique activé mais non intégré déborde sous forme de symptômes physiques parfois sévères — crises, douleurs intenses, états dissociatifs prolongés, et dans les cas les plus sévères, émergence d'idées noires. Dans les deux cas, le trauma a été activé sans avoir été transformé — ce qui est précisément le risque que la PTR cherche à éviter.
Ces observations rejoignent des réserves exprimées par d'autres spécialistes : le professeur Alain Brunet, psychiatre à l'université McGill, exprime sa circonspection face aux traumatismes complexes survenus dans l'enfance — précisément parce qu'ils "ont affecté en profondeur le développement psychique de la personne" — une réserve qui s'applique directement aux limites de toute approche par exposition directe au souvenir dans ce contexte.
Il faut préciser que ces limites ne tiennent pas à la méthode seule : la capacité du thérapeute à réguler le système nerveux de son client joue un rôle déterminant dans la sécurité du processus. L'EMDR n'est pas une mauvaise méthode — elle n'est simplement pas adaptée à tous les profils, ni à toutes les configurations traumatiques.
Les fondements théoriques de l'EMDR font par ailleurs l'objet d'un débat académique documenté — notamment sur ses liens avec la PNL et sur les mécanismes physiologiques des mouvements oculaires (Rosen, 2023, Journal of Contemporary Psychotherapy). Ces questions n'invalident pas les effets cliniques observés, mais invitent à une lecture critique des modèles explicatifs proposés. Elles ont d'ailleurs conduit certains chercheurs à explorer d'autres usages des mouvements oculaires : le Dr. Stéphanie Khalfa a ainsi développé la thérapie MOSAIC, qui les mobilise non pour désensibiliser le trauma, mais pour amplifier les ressources face à une situation bloquante. Cette orientation vers les ressources — plutôt que vers la seule désensibilisation — est d'ailleurs un point commun avec la PTR, qui commence elle aussi par mobiliser et consolider les ressources intérieures avant d'aller transformer les enregistrements traumatiques.
La PTR part d'une philosophie clinique fondamentalement différente. Plutôt que de désensibiliser le souvenir par exposition directe, elle travaille à transformer l'enregistrement traumatique sur l'ensemble de ses modalités sensorielles — images, sons, odeurs, goûts, sensations corporelles — et à corriger les cognitions qui en ont résulté : "j'aurais pu me défendre", "je ne suis pas aimable", "c'est ma faute". Elle invite également la personne à retrouver, par des actes imaginés, une agentivité et une dignité que le trauma avait abolies. C'est cette transformation en profondeur de l'enregistrement — et non sa seule désactivation — qui constitue le cœur de la méthode.
PTR et TCC
Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) constituent aujourd'hui la référence recommandée par la HAS pour un grand nombre de troubles anxieux, et notamment les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Leur efficacité sur des symptômes circonscrits est bien documentée par la recherche — et il serait inexact de le nier.
Leur limite apparaît dans une configuration particulière : lorsque le symptôme n'est pas un dysfonctionnement isolé, mais remplit une fonction défensive pour le système nerveux. Dans ce cas, traiter le comportement — aussi rigoureusement que ce soit — sans adresser ce qui le sous-tend peut conduire à ce que les cliniciens observent parfois : une réduction du symptôme initial, suivie de l'émergence d'un autre. La compulsion change d'objet, mais la dynamique sous-jacente reste intacte. Le symptôme est une réponse — pas le problème.
Janina Fisher, psychologue clinicienne américaine et experte des traumas complexes, relate avoir été mandatée par un hôpital d'État américain pour accompagner des patients hospitalisés depuis des années — jugés trop dangereux pour eux-mêmes ou pour le personnel médical — après des années de traitements présentés comme "evidence-based" : principalement les TCC et la Thérapie Comportementale Dialectique (TCD). Malgré sa longue expertise dans d'autres approches validées (EMDR, thérapie sensorimotrice, psychothérapie psychodynamique orientée trauma), elle a constaté qu'aucune ne suffisait à venir à bout de tous les symptômes sur les profils les plus complexes. En cherchant à comprendre pourquoi, elle a découvert que la plupart des recherches validant ces thérapies avaient été menées en excluant délibérément les patients les plus complexes des groupes de recherche. Les preuves d'efficacité ont donc été construites sur les profils les plus simples.
Cette limite est cohérente avec ce que la recherche documente sur le lien entre TOC et trauma : une revue de littérature publiée dans Health Psychology and Behavioral Medicine établit une prévalence des TOC de 30 à 82% chez les personnes avec un vécu traumatique — contre 1,1 à 1,8% dans la population générale. Elle conclut que négliger la dimension traumatique dans le traitement des TOC conduit soit à une résistance au traitement, soit à une substitution symptomatique : le client remplace les compulsions traitées par d'autres comportements d'évitement. Une étude plus récente publiée dans Current Psychology confirme ce constat et souligne l'importance d'évaluer systématiquement le vécu traumatique chez toute personne présentant des TOC, notamment en cas de résistance aux traitements habituels (Dykshoorn, 2014 ; Wadsworth et al., 2023).
À noter également une différence pratique : les TCC reposent en partie sur des exercices à réaliser entre les séances — exposition progressive, journaux de pensées, tâches comportementales. Dans le cas des personnes déjà épuisées par leurs symptômes ou par une charge mentale élevée, ce travail inter-séances peut représenter une charge supplémentaire, voire décourageante. La PTR ne demande rien de tel : le travail se fait en séance, et le système intérieur continue à intégrer spontanément après — sans effort conscient requis. Cela ne signifie pas que la démarche est passive : certaines personnes ressentent naturellement le besoin de noter, de dessiner ou de laisser venir ce qui remonte — mais ce n'est jamais une prescription.
Un cas clinique illustre concrètement cette limite. Une jeune femme orientée vers les TCC pour troubles anxieux et deuil pathologique — un diagnostic dans lequel elle ne se reconnaissait pas entièrement — présente en réalité un tableau bien plus complexe : un deuil traumatique récent, un trauma adolescent non résolu, et des difficultés marquées à s'affirmer. Dès la première séance, une hébétude caractéristique est détectée — signal d'une dissociation défensive qui oriente vers un travail de type PTR plutôt que comportemental.
Trois séances de PTR — centrées sur le deuil et le trauma adolescent — combinées à une séance de PNL sur les relations professionnelles suffisent à produire des changements nets : elle retrouve ses rêves chaque matin, parle avec plus de fluidité, change de service et prend davantage d'initiatives relationnelles. À noter qu'elle suivait un traitement antidépresseur au moment des séances — qu'elle a arrêté quelques jours après, sans ressentir de changement particulier à l'arrêt. Les évolutions observées ne semblent donc pas attribuables à la médication. Son propre commentaire illustre quelque chose de cliniquement significatif : "Je ne sais pas si ça a un lien, mais depuis que j'ai fait des séances avec vous, je me rappelle de mes rêves tous les matins — c'est trop chouette !" Le retour du souvenir des rêves — souvent altéré dans les états dissociatifs — peut être interprété comme un signe de réouverture progressive de l'accès au monde émotionnel intérieur.
Ce cas illustre un point essentiel : l'orientation vers les TCC correspondait au tableau anxieux présenté. C'est la détection du substrat traumatique — et le choix d'une approche adaptée — qui a permis un changement rapide et durable. (Cas anonymisé, publié avec l'accord de la personne concernée.)
La PTR n'est pas positionnée comme une alternative aux TCC — elle répond à une question différente : pourquoi ce symptôme, pour ce système nerveux, à ce moment de cette histoire ? C'est lorsque cette question reste sans réponse que la PTR peut ouvrir un chemin là où d'autres approches ont atteint leur limite.
PTR et Somatic Experiencing
La Somatic Experiencing (SE), développée par Peter Levine, part d'une observation fondamentale : le trauma est avant tout une expérience du corps, et c'est par le corps qu'il se libère. En observant la façon dont les animaux sauvages « déchargent » naturellement le stress après un danger — par des tremblements, des secousses, des mouvements spontanés — Levine a développé une approche qui accompagne ce même processus chez l'être humain.
La PTR partage avec la SE cette conviction centrale que le corps est la porte d'entrée principale du travail sur le trauma. Dans les deux approches, on part des sensations physiques plutôt que du récit, on suit les signaux du corps plutôt que de les contourner, et on évite toute exposition directe et brutale au souvenir traumatique.
Gérald Brassine a lui-même exploré la Somatic Experiencing de près, avant de développer la PTR. Son constat : la SE est une approche valide, mais dont les résultats peuvent être lents à se manifester, nécessitant un suivi long avant d'observer des changements significatifs. La PTR intègre cette même attention au corps tout en y ajoutant l'usage stratégique de l'hypnose conversationnelle et des protections dissociatives — ce qui permet, dans beaucoup de situations, d'accélérer considérablement le processus et de travailler sur des traumas amnésiés là où la SE seule peut atteindre ses limites.
PTR et hypnose ericksonienne classique
L'hypnose ericksonienne est une approche puissante pour de nombreuses difficultés (anxiété, confiance en soi, douleur, phobies légères...). Il faut noter cependant que ce que l'on désigne aujourd'hui sous ce terme recouvre des pratiques très hétérogènes : Milton Erickson lui-même a considérablement évolué au cours de sa carrière, et ce qu'on observe fréquemment en cabinet sous l'étiquette "hypnose ericksonienne" — scripts standardisés, relaxation profonde, peu d'échange verbal — ne correspond pas nécessairement à la pratique conversationnelle et profondément adaptée à chaque personne qu'il avait développée.
Dans sa forme classique, l'hypnose ericksonienne ne dispose pas de protocole spécifique pour le retraitement sécurisé des mémoires traumatiques, notamment dans les cas de traumas complexes et/ou amnésiés. La PTR intègre la tradition ericksonienne — dans sa source la plus fidèle — tout en y ajoutant une méthodologie précise et des outils dédiés au travail en profondeur sur le trauma.
PTR et thérapies verbales classiques
Les thérapies par la parole (analyse, approches psychodynamiques...) restent précieuses dans bien des contextes. Mais elles atteignent leurs limites face aux traumas qui n'ont pas de représentation consciente, ou dont la charge émotionnelle est trop intense pour être abordée par le seul discours.
L'Institut Milton H. Erickson de Belgique, qui a développé la PTR, formule ce constat clairement : se remémorer un trauma par la parole ne sert pas seulement à peu de chose — cela peut augmenter la souffrance. Raconter, se remémorer, c'est risquer de se remettre en état de choc, de revivre l'horreur ou l'impuissance. Les spécialistes appellent ce phénomène la victimisation secondaire : le fait de souffrir une nouvelle fois du trauma, non plus à cause de l'événement lui-même, mais à cause du processus thérapeutique censé aider.
La PTR contourne précisément ce risque : plutôt que de forcer l'accès aux souvenirs douloureux, elle travaille avec les mécanismes dissociatifs naturels du système nerveux — ces protections que l'inconscient a mises en place et qui sont utilisées comme alliées plutôt que contournées. Le travail procède par allers-retours constants : un bref contact avec l'événement passé (sur lequel on va modifier ce qui a été traumatisant), immédiatement suivi d'un retour vers un espace de ressources et de sécurité — ce qui permet de modifier l'enregistrement traumatique sans jamais être submergé par lui.
Pour aller plus loin sur le choix d'un praticien adapté aux traumas complexes → Psychologue ou thérapeute-coach trauma-informé : comment choisir ?
Comment se déroule une séance ?
Une séance de PTR dure généralement entre 1h et 1h30. Elle commence toujours par un échange verbal : comprendre où vous en êtes, définir l'axe de travail du jour, répondre à vos questions.
Le travail en lui-même ressemble à une conversation approfondie, dans un état de légère détente — comparable à celui que vous connaissez quand vous lisez un roman et que vous « oubliez » le monde extérieur, ou au moment de vous endormir. Vous restez conscient, vous pouvez parler, vous arrêter, revenir en arrière.
Après la séance, des processus peuvent continuer à s'opérer dans les jours qui suivent — rêves, émotions passagères, sensations physiques. C'est le signe que votre système intérieur continue son travail de réajustement.
Ce travail qui continue après la séance est l'une des caractéristiques les plus surprenantes de l'hypnose conversationnelle : il ne requiert aucun effort conscient. Pas d'exercices à faire, pas de journal à remplir, pas de tâches entre les rendez-vous. Le système intérieur fait le travail à son rythme — ce qui explique que beaucoup de personnes ne voient pas vraiment ce qui a changé, jusqu'au moment où, en reprenant la liste de ce qui les amenait en séance, elles réalisent que ces difficultés ne sont tout simplement plus là.
Le nombre de séances varie en fonction de la complexité de la situation, mais la PTR est par nature une approche brève : il n'est pas rare qu'un changement significatif soit perceptible en quelques séances.
Une pratique encadrée et éthique
En tant que praticien formé à l'IMHEB, j'ai signé la charte déontologique de l'Institut, qui m'engage à une formation continue, à des supervisions régulières par mes formateurs, et à des intervisions avec mes collègues praticiens en PTR.
Ces supervisions se font dans le strict respect du secret professionnel et de votre anonymat : aucun nom ni donnée personnelle permettant de vous identifier n'est jamais mentionné.
Vous avez le droit de refuser que votre situation soit évoquée en supervision. Il vous suffit de me le signaler.
Une précision importante
Je suis thérapeute et praticien en hypnose conversationnelle — je ne suis pas médecin. La PTR est une approche complémentaire qui peut s'articuler avec un suivi médical ou psychiatrique, mais elle ne remplace pas un traitement médical en cours. Si vous suivez un traitement médicamenteux ou psychiatrique, ne l'interrompez jamais sans l'avis de votre médecin.
Prendre rendez-vous
Vous vous reconnaissez dans l'une de ces situations ? Vous souhaitez en savoir plus avant de vous engager ?
Je propose un premier entretien d'orientation (en cabinet à Bures-sur-Yvette ou Paris 9e, ou à distance en visio) pour que nous puissions échanger librement sur votre situation et voir si la PTR est adaptée à ce que vous traversez.
Pour aller plus loin
Site de l'Institut Milton H. Erickson de Belgique : imheb.be
Exemple d'une séance par Gérald Brassine lors d'une formation : https://www.imheb.be/news/dans-les-medias/erytheme-noueux-soigner-avec-lhypnose-ptr/
Une interview de Gerald Brassine et une sexologue sur ABC Talk concernant les violences sexuelles
Page de méthodes complémentaires que je propose selon les situations : qualite-d-etre.fr/methodes
Sylvain Geyskens — Qualité d'Être — Hypnose conversationnelle & Coaching — Bures-sur-Yvette & Paris 9e 06 16 54 13 74 | qualite.etre@gmail.com
Sources et références scientifiques
Fibromyalgie
INSERM — Dossier fibromyalgie : inserm.fr/dossier/fibromyalgie
Cohen H. et al. (2002). Prevalence of post-traumatic stress disorder in fibromyalgia patients. Seminars in Arthritis and Rheumatism, 32(1):38–50
La Revue du Praticien (2026). Fibromyalgie et stress post-traumatique — place des psychotropes et psychothérapies : larevuedupraticien.fr
Polyarthrite rhumatoïde
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Crises non épileptiques psychogènes (CNEP)
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Apnée du sommeil
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Reconsolidation mémorielle et transformation du souvenir traumatique
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EMDR — limites dans les traumas complexes et origines
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TCC et traumas
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PTR et maladies psychosomatiques — cadre théorique
Brassine G. / IMHEB (2002). Traitement des maladies psychosomatiques par l'hypnose conversationnelle stratégique PTR : imheb.be
Thérapies brèves — sources et inspirations
Haley J. (1993). Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson.
Institut Milton H. Erickson de Belgique (IMHEB) — Traitement des traumas : imheb.be/therapies-breves-hypnose-conversationnelle-strategique/traitement-traumas/
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