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L'hypnose me fait peur — et si ça ne marchait pas pour moi ?

  • sylvaingeyskens
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Ce qu'on croit à tort sur l'hypnose conversationnelle.


Quand je propose l'hypnose à quelqu'un en entretien préalable, il arrive que je voie une légère résistance s'installer. Pas forcément exprimée — mais là. Un sourcil qui se lève. Un "je ne suis pas sûr(e) que ça marche pour moi". Parfois une vraie appréhension : "J'ai peur de perdre le contrôle."


Ces réactions sont normales. Et elles reposent presque toujours sur des images qui n'ont rien à voir avec ce que je pratique.


Alors voici ce que j'explique en entretien — et que j'aurais pu vous envoyer avant.


"J'ai peur de perdre le contrôle"


L'hypnose que vous avez peut-être en tête, c'est celle du spectacle : quelqu'un qui claque des doigts, un autre qui s'endort et fait des choses ridicules sans s'en souvenir. Ou les films où un personnage est manipulé à son insu. Ou encore ces démonstrations qu'on voit circuler sur les réseaux sociaux — un hypnotiseur qui fait "perdre conscience" à quelqu'un en quelques secondes, en arguant qu'on peut "soigner" très rapidement de cette façon.


Ces images méritent d'être nommées pour ce qu'elles sont : une utilisation de l'hypnose sans consentement éclairé, sans accompagnement, sans respect de l'intégrité psychique de la personne. Ce n'est pas de la thérapie. C'est une intrusion dans l'inconscient d'une personne — aussi spectaculaire soit-elle.


Une cliente m'a raconté avoir participé à une séance avec un hypnotiseur de scène qui lui avait suggéré d'oublier qui elle était. Elle a vécu quelque chose de proche d'un bad trip — une confusion profonde, une perte de repères — dont l'hypnotiseur ne l'a pas aidée à sortir. Elle en garde aujourd'hui une méfiance compréhensible envers tout ce qui porte le nom d'hypnose.


Ce que cette expérience illustre n'est pas un risque inhérent à l'hypnose — c'est le risque d'une hypnose utilisée sans éthique, sans cadre thérapeutique, sans accompagnement de la sortie. L'hypnose conversationnelle telle que je la pratique est à l'opposé de ça.


L'hypnose conversationnelle, c'est avant tout une conversation. Une conversation dans laquelle vous restez pleinement conscient(e), vous guidez le travail, et vous pouvez sortir à tout moment — exactement comme vous pourriez interrompre n'importe quel échange.

Il n'y a pas de perte de conscience. Pas d'amnésie. Pas de prise de contrôle par le thérapeute. Ce que vous ne voulez pas faire, vous ne le faites pas. Ce que vous ne voulez pas dire, vous ne le dites pas.


Et plus fondamentalement encore : les idées, les images, les ressources qui émergent en séance viennent de vous. Elles ne sont pas imposées par le thérapeute — elles naissent de votre propre inconscient. Le thérapeute peut stimuler votre créativité, proposer une direction, enrichir ce qui émerge — mais c'est vous qui faites. C'est en ce sens qu'on peut dire que l'hypnose conversationnelle est une forme d'auto-hypnose guidée : vous avez le contrôle entier de ce qui se passe, parce que c'est vous qui le produisez.


Ce qui se passe, c'est quelque chose de beaucoup plus simple : vous êtes invité(e) à mobiliser votre imagination, vos sens, vos ressentis corporels — de façon plus intentionnelle et plus profonde qu'une conversation ordinaire. Vous restez le pilote. Je suis le co-pilote qui connaît certaines routes.


"Je ne suis pas hypnotisable"


Laissez-moi vous poser une question.


Vous est-il déjà arrivé de conduire un trajet familier et d'arriver à destination sans vraiment vous souvenir du chemin ? D'être tellement absorbé(e) par un livre ou un film que vous n'entendiez plus ce qui se passait autour de vous ? De vous perdre dans une rêverie pendant une réunion, ou de vous réveiller le matin avec la solution à un problème qui vous tracassait la veille ?


Ce sont des états hypnotiques naturels. Vous les faites déjà, spontanément, plusieurs fois par jour.


L'hypnose conversationnelle ne crée pas un état exceptionnel — elle utilise intentionnellement un état que vous connaissez déjà.


La seule vraie condition pour que ça fonctionne : être prêt(e) à laisser votre imagination travailler. Pas "y croire" — juste accepter de jouer le jeu le temps d'un exercice.


Une petite démonstration


Voici ce que je fais souvent en premier entretien pour lever les doutes.

Je demande à la personne de se souvenir d'un bon moment — un souvenir agréable, récent ou ancien, peu importe. De le laisser revenir, avec ses détails : où elle était, ce qu'elle voyait, ce qu'elle entendait, ce qu'elle ressentait dans le corps.


Puis je lui demande d'imaginer sa porte d'entrée. De la voir mentalement. D'approcher la main et de toucher la poignée — juste dans l'imagination. De sentir la matière, la température. Puis de changer la couleur de cette porte, et d'observer ce que ça lui fait de la voir autrement.

C'est tout.


Et presque systématiquement, quelque chose se passe. Un sourire. Une légère surprise. "Ah — c'est ça, l'hypnose ?"


Oui. C'est ça. Votre corps a répondu. Votre imagination a produit quelque chose de réel — une sensation, une image, une émotion. Vous étiez en train de faire de l'hypnose conversationnelle sans vous en rendre compte.


L'hypnose n'est pas une technique — c'est un mode de travail


Ce qui est peut-être le plus surprenant, c'est que l'hypnose conversationnelle ne se résume pas à "être allongé les yeux fermés".

Dans ma pratique, elle est présente dans presque tout ce que je fais — pas toujours sous ce nom, pas toujours de la même façon.


En PNL (Programmation Neuro-Linguistique), quand je guide quelqu'un sur sa ligne du temps, debout dans la pièce, en marchant physiquement vers son passé ou son futur imaginaire — c'est de l'hypnose conversationnelle. Quand on explore les niveaux logiques de Robert Dilts ou les positions de perception — c'est de l'hypnose conversationnelle. Les yeux peuvent être ouverts ou fermés, la personne peut être debout, en mouvement, en interaction.


Ce double usage mérite d'être nommé : l'hypnose conversationnelle n'est pas seulement un outil thérapeutique pour traiter des traumas. Dans sa dimension PNL et coaching somatique, c'est aussi un outil de développement — ancrage de ressources, projection vers un futur désiré, reprogrammation de croyances limitantes. Là où la PTR vise à transformer des enregistrements douloureux, la PNL dans sa dimension coaching vise à construire et ancrer ce qu'on veut devenir. Les deux relèvent du même registre — mobiliser l'imagination, les sens et le corps pour produire un changement que la seule réflexion consciente ne suffit pas à atteindre. Et les deux peuvent se combiner dans une même séance, souvent debout, en mouvement.


En constellations, quand quelqu'un place des objets au sol pour représenter des membres de sa famille et se déplace entre eux en ressentant ce que chaque position provoque dans son corps — c'est de l'hypnose conversationnelle.


En thérapie narrative, quand on explore ensemble les moments de votre histoire où vous étiez autrement que ce que le problème vous a fait croire — et qu'on les fait revivre avec leurs détails sensoriels — c'est de l'hypnose conversationnelle.


En PTR (Psychothérapie du Trauma Réassociative), c'est le cœur de la méthode — mais avec un objectif particulier : sortir de l'auto-hypnose que constituent la dissociation et les troubles psychosomatiques. Car la dissociation — cet état où l'on est "là sans être là", coupé de ses émotions ou de son corps — est elle-même une forme d'hypnose que le système nerveux a mise en place pour survivre. La PTR utilise l'hypnose conversationnelle pour en sortir, de manière stratégique.


Ce que l'hypnose conversationnelle fait que la conversation ordinaire ne fait pas


Une conversation classique travaille avec le mental conscient. Vous réfléchissez, vous analysez, vous comprenez — peut-être différemment qu'avant. C'est utile. Mais ça a des limites.


Certaines choses ne se défont pas par la compréhension. Les mémoires traumatiques ne sont pas stockées dans le raisonnement conscient. Les réflexes de survie ne s'effacent pas parce qu'on a "compris" leur origine. Les croyances profondes sur soi-même résistent à la logique.


L'hypnose conversationnelle permet d'accéder à quelque chose de plus profond — ce que j'appelle la bibliothèque de ressources intérieures. Des ressources que vous avez déjà en vous, mais qui ne sont pas toujours accessibles dans un état de vigilance ordinaire.


Elle le fait en travaillant avec le système nerveux — le lien corps-esprit — plutôt qu'avec le seul mental. Les sensations corporelles, les images intérieures, les émotions sont utilisées comme des portes d'accès, pas comme des obstacles à contourner.


C'est pourquoi les changements qui se produisent en hypnose conversationnelle ont souvent une qualité différente de ceux produits par la seule réflexion : ils sont plus incarnés, plus stables, et souvent plus rapides.


Si vous avez encore des questions


Je propose un premier appel découverte de 20 minutes — sans engagement — pour que vous puissiez me poser vos questions, sentir si vous êtes à l'aise avec ma façon de travailler, et voir ensemble ce qui pourrait vous aider.


C'est aussi l'occasion de faire la petite démonstration dont je parle dans cet article — et de vérifier par vous-même ce que ça produit.



Sylvain Geyskens — Qualité d'Être Hypnose, Coaching & Thérapie du lien — Bures-sur-Yvette & Paris 9e


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